Lignes directrices pour les prises de vues photo et vidéo : l’accent sur le sport, pas sur le corps
Photo: athletix.ch

Lignes directrices pour les prises de vues photo et vidéo : l’accent sur le sport, pas sur le corps

À l’initiative de la Commission d’éthique, Swiss Athletics a élaboré des directives pour les prises de vues photo et vidéo afin de protéger l’intégrité des athlètes.

Ces dernières semaines, les directives publiées par l’European Broadcasting Union (EBU) concernant la diffusion télévisée des compétitions d’athlétisme ont été largement relayées dans les médias. Swiss Athletics s’était auparavant déjà penché sur la manière de protéger au mieux l’intégrité des athlètes dans le cadre de la couverture médiatique. Des « lignes directrices pour les prises de vues vidéo et photo » sont appliquées depuis les Championnats suisses à Zurich et doivent être acceptées par tous les représentants des médias accrédités. Elles s’appliquent dès à présent à toutes les compétitions d’athlétisme autorisées par Swiss Athletics. Contrairement aux prescriptions d’EBU, les directives de Swiss Athletics ne concernent pas que la vidéo, mais aussi la photo.

Dans l’article de blog qui suit, Caroline Agnou et Susy Schär, toutes deux membres de la Commission d’éthique, en exposent le contexte.

Vers les lignes directives

Par Caroline Agnou et Susy Schär*

Depuis quelques années, la couverture médiatique du sport est de plus en plus mêlée à des formes de représentations érotiques et centrées sur le corps. Cette sexualisation du sport touche principalement les athlètes féminines : ce n’est souvent pas tant leur performance que leur apparence qui est au centre de l’attention. C’est pourquoi Swiss Athletics a, en collaboration avec la Commission d’éthique, établi des directives concernant les prises de vues photo et vidéo. Cette démarche implique une responsabilité accrue pour les photographes, qui doivent veiller à produire des images respectueuses. Il est important de sensibiliser les acteurs concernés et d’établir des directives claires garantissant une protection durable de l’intégrité des athlètes. 

Pourquoi des lignes directrices sont nécessaires 
Les photos et vidéos d’athlètes en mouvement sont fascinantes. Tout comme les émotions qui suivent la victoire ou la défaite. On se trouve là toutefois sur une ligne de crête. Prenons un exemple : une prise de vue frontale au moment du franchissement d’une haie peut mettre en évidence des zones intimes, tant chez les femmes que chez les hommes, qui n’a rien à voir avec la performance. La même prise de vue effectuée légèrement de côté ne pose en revanche aucun problème. À cet égard, les professionnels des médias et responsables de fédération endossent une importante responsabilité.

Pourquoi un système de signalisation
Des règles rigides ne rendraient pas justice à la diversité de l’athlétisme, tant les disciplines et les mouvements sont variées. C’est pourquoi Swiss Athletics a opté pour un système de signalisation (trois couleurs). Ce système concilie les deux approches : des lignes directrices claires là où elles sont nécessaires, et une marge de manœuvre là où la situation l’exige.

Trois principes
Système de signalisation : le vert désigne les clichés qui ne posent aucun problème ; le rouge les images clairement interdites, comme les gros plans sur l’entrejambe et les parties intimes ; l’orange, les cas limites, pour lesquels les professionnels des médias doivent décider au cas par cas. 
Droit à la suppression : chaque athlète peut demander la suppression d’une image montrant des zones corporelles sensibles et suscitant un malaise, soit directement auprès des auteurs des images, soit par l’intermédiaire de Swiss Athletics.
Caractère contraignant : les directives s’appliquent à tous les représentants des médias accrédités. En cas d’infraction manifeste ou de récidive, Swiss Athletics est en droit de retirer une accréditation.

Développé conjointement 
Ces lignes directrices ont été élaborées sous la direction de l’équipe de communication de Swiss Athletics, en collaboration avec des athlètes, des photographes et des producteurs de télévision, ainsi que la Commission d’éthique. Les travaux de l’European Broadcasting Union ont servi de référence.

Ce qui compte maintenant
Il y va maintenant de la mise en œuvre de ces lignes directrices. Car la représentation médiatique façonne non seulement la perception du public, mais aussi l’image corporelle, le bien-être et la santé mentale des athlètes.

Ce n’est que si les diffuseurs, les professionnels des médias et les fédérations appliquent ces recommandations de manière conséquente que pourra émerger une culture sportive dans laquelle les personnes sont reconnues pour leurs performances et non pour leur apparence. L’équipe de photographes d’Athletix constitue un bon exemple, puisqu’elle applique déjà ces directives avec rigueur.

C’est le sport qui est au centre, et non le corps sexualisé.

*Les auteures Caroline Agnou et Susy Schär sont membres de la Commission d’éthique de Swiss Athletics.
 

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